Les lits d'azalées blanches

Reste, reste au creux de moi.
Je me souviens des lits d'azalées blanches où nous nous étendions, de tes bras embrassés de lys et de pervenches, de l'eau claire de l'étang où tu baignais mon front.
Reste, reste au creux de moi.
Là-bas la terre est rouge, éclaboussée de la fierté et du courage des hommes qui s'écoulent de leurs plaies, abreuvent les racines des arbres qui n'y pousseront jamais.
Reste, reste au creux de moi.
Tu leur donnes tes bras dont j'oublie la chaleur, aux premières lueurs les cris des premiers nés et les larmes des femmes lorsque le même soleil se couche sur les corps éloignés.
Reste, reste au creux de moi.
Contre ma peau j'ai étreint le souvenir de ton corps. L'absence n'est-elle pas une première mort ? Linceul de velours, le lit est sanctuaire lorsque le canon luit dans l'aube qui rougeoie et vise la silhouette qui embaumait mes draps.
Reste, reste au creux de moi.
Les rêves défilent sous mes yeux grands ouverts, illuminés par le brillant éclat du temps où tu déposais à mes pieds des couronnes de lierre. Le nouveau jour se lève, soulevant la poussière à chacun de ses pas.
Reste, reste au creux de moi.

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