A l'intérieur - en symétrie



X - Je la cherche partout, la fille aux cheveux d'ébène. Son corps est une liane, mon corps est une geôle. Nous avons vécu devant les dernières neiges, dans le printemps et les jours d'été quand le soleil éclaboussait ses formes alanguies. Vénus géométrique, douceur carrée, elle était l'ancre du bateau, le venin sous la peau. Je la cherche partout, la fille aux cheveux d'ébène. Quand elle se penchait les nuits sombres étaient blanches, quand son rire éclatait le carcan se brisait, quand sa voix se posait ma bouche était silence. J'étais si loin... je m'endormais sous les mêmes étoiles qui surveillaient sa danse alors qu'elle buvait la poudre à canon distillée dans les nectars nocturnes. Elle s'est doucement évanouie, sans bruit, mais j'ai tout entendu, vacarme dans la tête et le cœur qui explose. Cruelle, sa violence m'a bercé. Je la cherche partout, la fille aux cheveux d'ébène.

Y - Pour oublier je me suis réfugiée sous son manteau de nuit, évanouies les ombres. Lorsque le soleil meurt son souffle réveille les ardeurs sous ma chair, je poignarderai l'envie d'aimer plutôt que donner vie à ce qui me tuerait. Ses bras sont doux, ses mains sont des griffes, comme du coton, du velours ou des flammes – je ne sais plus. Les fantasmes se glissent sous ses caresses que je repousse ; ses yeux peignent sur mon corps les mots interdits. Le matin qui toujours me ramenait aux instances majestueuses, raison et volonté, me trompe, m'abandonne. Les chimères me poursuivent au grand jour. Que cet archange démoniaque relâche la corde de son arc, que sa flèche se plante dans le sein de la lune, que l'astre saigne et verse sur son dos les gouttes d'argent. Les fers du corps tombent en cendre quand la réalité vous rattrape. Il veut aimer et moi je l'aime, mais tout à coup rien n'est plus sensuel, les roses ont fané et je retrouve la douceur du miel et du lait. Dors, dors ou enveloppe-moi de la quiétude, tu seras tour à tour l'amant, l'enfant.

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