Les voiles



 En réalité, tu n'as pas disparu. (Mais quelqu'un disparaît-il jamais vraiment?). Tu te reposes simplement quelque part, en un abri de ma mémoire où, pour un certain temps, je ne peux pas t'atteindre. Quelquefois, des odeurs, des sons ou des images lèvent les voiles de ta cachette, me conduisent à toi, et je peux t'apercevoir quelques minutes, venir me brûler encore un peu à tes flammes. Puis tout se calme, tout s'éteint. Je perds de nouveau ta trace, sans regret puisque mes larmes ne me sont plus utiles, puisqu'il qu'il n'y a plus de vide à remplir dans ma poitrine, puisque mon cœur n'a plus besoin de ton impulsion pour battre. Puisque sans toi je vis et qu'il est tellement plus doux de respirer que de se sentir mourir. 

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