De l'amour (αγάπη)

Amour, passion : exaltation qui mène aux plus hautes joies comme aux plus hautes douleurs.
Naît-il vraiment de la personne aimée, d'une humeur passagère et favorable à l'inclinaison, ou d'un certain désœuvrement qui finit par conduire à de réels transports ? Sa nature reste sûrement méconnaissable.
Peut-il être infini, demeurer toujours ? Sa continuité n'est-elle pas qu'une douce utopie ? Car son augmentation ne résulte peut-être que d'une idéalisation générée par la frustration ou la séparation. Est-il, sans l'un ou l'autre de ces acteurs, voué au dépérissement ?

L'âme est un océan sur lequel, fragile embarcation, nous voguons; car toutes ses couleurs et tous ses mouvements sont comparables aux sentiments qui nous assaillent. L'amour sans issue ou sans retour, en est la tempête et sa survenue accentue d'autant plus la chute de toute illusion qu'elle est imprévisible, brutale. De violentes vagues déferlent sans que nous puissions nous en défendre et, comme notre vue est plongée dans l'assombrissement du ciel, notre entendement s'aveugle d'un opaque entêtement. Les cris du vent sont autant d'inaudibles appels à l'aide et ces eaux mouvantes, de muets sanglots.
Subsister, unique réflexe instinctif qui demeure : mais est-ce suffisant, de survivre ?
La lutte constante et acharnée contre de trop puissants éléments laissent successivement place à l'éreintement, à la résignation, à l'attente et à l'habitude enfin. L'accalmie, alors, un jour ou une nuit, déploie sa tendre lumière. Paisiblement, elle nous tire peu à peu de cette torpeur maladive qui avait blêmi nos pommettes, vidé notre regard de toute expression et pétrifié nos sens. Elle s'infiltre avec douceur pour ne point nous surprendre et néanmoins nous trouve toujours étonnés, hébétés d'une délivrance si prompte, d'une liberté si entière. 
Aucun n'irait jusqu'à pleurer son bourreau, mais le souvenir parfois, laisse une effluve mélancolique dans son sillage, rappelant à la mémoire un combat glorieux, quoiqu'inégal, entre l'ouragan et le voilier, la nature et la fortification humaine, les élans du cœur et la raison.


Commentaires

  1. Wow, ton blog est superbe... reprends-le travail !

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  2. Merci beaucoup.
    J'ai effectivement été en manque d'inspiration...et de motivation (les vacances n'aidant pas). Je m'y remets vite.

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